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DESENFUMAGE EN ERP


 

OBJECTIFS DU DESENFUMAGE
 

Quatre objectifs principaux :
  • Extraire en début d’incendie, une partie des fumées et des gaz de combustion,
  • Maintenir praticable les escaliers et les couloirs de circulation destinés à l’évacuation du public,
  • Limiter la propagation de l’incendie,
  • Faciliter l’intervention des secours.
 
QUE DOIT-ON DESENFUMER ?

 
  • Les locaux,
  • Les escaliers,
  • Les circulations horizontales.
 
 
 
COMMENT DESENFUMER ?

Le désenfumage peut se réaliser naturellement ou mécaniquement suivant l'une des méthodes suivantes :
  • Balayage de l'espace que l'on veut maintenir praticable par apport d'air neuf et évacuation des fumées,
  • Différence de pression entre le volume que l'on veut protéger et le volume sinistré mis en dépression relative,
  • Combinaison des deux méthodes ci-dessus.
Quatre techniques sont couramment employées pour assurer le désenfumage :
  • Désenfumage Naturel
  • Désenfumage Mécanique et naturel
  • Désenfumage Naturel et mécanique
  • Désenfumage Mécanique
 
LE DESENFUMAGE NATUREL

Il s'effectue soit directement, soit par l'intermédiaire de conduits communiquant avec l'extérieur.
Les évacuations de fumées sont réalisées par :
  • Des ouvrants en façade,
  • Des exutoires,
  • Des bouches,
Les amenées d'air sont réalisées soit par :
  • Des ouvrants en façade,
  • Les portes des locaux donnant sur l'extérieur ou sur des volumes largement aérés,
  • Par des escaliers non encloisonnés,
  • Par des bouches. 
 

 
 
LE DESENFUMAGE MECANIQUE
 
Il s'effectue par des extractions mécaniques de fumée et des amenées d'air naturelles ou mécaniques disposées de manière à assurer un balayage du volume concerné ; ce balayage peut être complété par une mise en surpression relative des espaces à mettre à l'abri des fumées.
 
L'extraction des fumées est réalisée par des bouches raccordées à un ventilateur d'extraction ; les amenées d'air mécaniques sont réalisées par des bouches raccordées à un ventilateur de soufflage.
 
 
LOCAUX CONCERNES PAR LE DESENFUMAGE

En principe, tous les locaux d'un ERP sont concernés, mais le règlement de sécurité vise plus particulièrement les parties suivantes :
  • Les escaliers encloisonnés,
  • Les escaliers desservant plus de deux niveaux en sous-sol (hors parcs de stationnement),
  • Les gaines d'ascenseurs,
  • Les circulations horizontales encloisonnées de plus de 30 m de longueur,
  • Les circulations horizontales desservies par des escaliers mis en surpression,
  • Les circulations horizontales en sous-sol,
  • Les locaux de plus de 300 m² (ou 100 m² en sous-sol),
  • Les halls de plus de 300 m²,
  • Les atriums d'une section supérieure à 5 m x 5 m,
  • Les circulations des compartiments avec des cloisons toute hauteur,
  • Les compartiments possédant des cloisons partielles ou un plateau paysager,
  • Les locaux en sous-sol.
Le désenfumage s'effectue en général par niveau, voire fraction de niveau.
 
Comme dans le cas des circulations, le désenfumage peut être naturel ou mécanique.
 
Deux cas de figures sont néanmoins à prendre en compte :
  • Les locaux d'une surface inférieure à 1 000 m²,
  • Les locaux d'une surface supérieure à 1 000 m².
Dans le cas des locaux dont la surface n'excède pas 1 000 m², la surface des évacuations de fumées doit correspondre au 1/200ème de la surface au sol.
 
Ces évacuations de fumée sont situées en partie supérieure des locaux et sont constituées par des dispositifs appelés "exutoires de désenfumage".

La surface des amenées d'air doit être au moins égale à celle des évacuations de fumée.
 
Une tolérance est admise pour les locaux inférieurs à 300 m², dans la mesure ou une fenêtre peut compter comme amenée d'air ou évacuation de fumée ; mais dans ce cas, la surface prise en compte se situe à 1,80 m de hauteur du plancher. Cette tolérance  permet d'éviter l'installation d'un exutoire dans les petits locaux.
 
Dans le cas des locaux dont la surface excède 1 000 m², les surfaces utiles de désenfumage sont déterminées par type d'exploitation en fonction de critères particuliers tels que la hauteur de référence, l'épaisseur de la couche de fumée et un taux en pourcentage qui tient compte du nombre de cantons.
 
Un canton de désenfumage est un volume libre situé entre le plancher bas et le plancher haut et délimité par des retombées sous toiture de faibles dimensions appelées "écrans de cantonnement".
 
Ces écrans ont pour rôle de canaliser les fumées en partie supérieure vers les exutoires.
 
Leur bord inférieur est normalement horizontal.

 
La hauteur des écrans correspond en général à l’épaisseur de la couche de fumée « Ef » et détermine la hauteur libre de fumée (toutes ces données et les modes de calcul sont indiqués dans l’instruction technique n°246 relative au désenfumage dans les ERP).
 
L’agent SSIAP 1 ne doit retenir que les grands principes du désenfumage.
 
En principe, un canton de désenfumage ne doit pas dépasser une surface de 1 600 m² ; on applique le principe du cantonnement aux locaux de plus de 2 000 m² ou de plus de 60 m de longueur.

Comme pour les locaux d’une surface inférieure à 1 000 m², et pour que le désenfumage soit efficace, des amenées d’air doivent se situer en façade hors de la zone enfumée.
 
Dans le cas d’un local comportant un seul canton, la surface libre totale des amenées d’air doit être au moins égale à la surface géométrique totale des exutoires du local.
 
 
DESENFUMAGE DES ESCALIERS

Les escaliers encloisonnés peuvent être désenfumés par balayage naturel ou par une mise en surpression permettant d'éviter l'envahissement des fumées provenant du couloir.
 


Le désenfumage par extraction mécanique dans un escalier est strictement interdit.
 
Les escaliers non encloisonnés ne sont pas obligatoirement désenfumés sauf cas particulier fixé par la réglementation.

Le principe de désenfumage repose sur l'installation d'un châssis en partie supérieure de la cage d'escalier et d'une amenée d'air en partie basse de la cage d'escalier.
 
Ces deux éléments doivent avoir une surface géométrique libre d'au moins 1 m².
 
 
DESENFUMAGE DES CIRCULATIONS HORIZONTALES

Les circulations horizontales encloisonnées peuvent être désenfumées par un balayage naturel ou un désenfumage mécanique.
 
Le désenfumage n'est cependant obligatoire que dans les circulations répondant à l'une des  caractéristiques suivantes :
  • Longueur totale supérieure à 30 m,
  • Desservies par des escaliers mis en surpression,
  • Desservant des locaux réservés au sommeil,
  • Situées en sous-sol.
En cas de désenfumage naturel, les amenées d'air et les évacuations de fumées sont réparties dans le couloir en nombre égal, de façon alternée, en quinconce ou non, en tenant compte de la localisation des risques




 
 
COMPATIBILITE ENTRE DESENFUMAGE NATUREL
ET DESENFUMAGE MECANIQUE

Il est possible d'utiliser au sein d'un même établissement, un désenfumage naturel et un désenfumage mécanique sous réserve de ne pas perturber le flux des fumées
 
La mise en œuvre d'une solution de désenfumage peut s'avérer très compliquée, car la fumée présente la particularité de s'infiltrer très facilement en de nombreux endroits, par l'intermédiaire par exemple des faux plafonds ou des gaines et conduits techniques des bâtiments.
 
 
DISPOSITIFS DE DECLENCHEMENT

Les grands principes de désenfumage exposés ci-dessus nécessitent une infrastructure technique permettant le déclenchement des différents dispositifs concourant à ce désenfumage en cas d'incendie.


Ces différents dispositifs sont constitués de volets, clapets,  bloc-portes, rideaux, exutoires, ouvrants etc.
 
Le volet est un dispositif d'obturation placé à l'extrémité d'un conduit ; il peut être ouvert ou fermé en position d'attente (commande automatique ou manuelle).
 
Le clapet est un dispositif d'obturation placé à l'intérieur d'un conduit ; il est normalement en position d'ouverture.


 

Leur rôle est d'empêcher la propagation de l'incendie par l'intermédiaire des conduits.
 
Le déclenchement du désenfumage dans un grand établissement est asservi à la détection automatique d’incendie quand elle existe  et au déclenchement du système d’alarme générale.
 
Des dispositifs de surveillance et de commande sont situé au poste de sécurité incendie de l’ERP.
 
Dans les centres commerciaux par exemple, les commandes manuelles de désenfumage sont regroupées à proximité de l’entrée ou de l’accueil afin de permettre une gestion par zone du désenfumage.
 
Les plans schématiques des cantons sont également affichés près des commandes manuelles.
 
Deux modes de fonctionnement sont prévus pour l’ouverture des exutoires de désenfumage :
  • La commande automatique par fusible thermique,
  • La commande à distance :
    • Commande mécanique par treuil,
    • Commande pneumatique avec bouteille à CO2,
  1. Commande automatique par fusible thermique :
Le fusible thermique réagit à l’élévation de température, ce qui permet l’ouverture automatique de l’exutoire ; mais ce dispositif doit être doublé d’une commande d’ouverture manuelle.
  1. Commande à distance par treuil :
Le treuil ne peut commander qu’un seul exutoire ; sa longueur totale ne peut excéder 15 m si son cheminement est visible depuis le sol du local et 8 m dans l’autre cas ; il doit être équipé au maximum de quatre poulies de renoi d’angle afin d’éviter un mauvais fonctionnement et être protégé à son départ sur une hauteur de 1,50 m par un tube rigide.
  1. Commande pneumatique à bouteilles de CO2 :
Dans ce cas, la cartouche de CO2 qui est une bouteille de faible dimension est percutable ; l’exploitant ou le service de sécurité de l’établissement doit posséder des bouteilles de remplacement compatible avec le système installé.
 

 
 
UTILISATION

Dans un ERP, les installations de désenfumage ne sont pas exclusivement réservées aux sapeurs-pompiers ; les agents de sécurité incendie ont toute latitude pour le déclencher sous réserve qu'ils en connaissent parfaitement le fonctionnement.
 
C'est la raison pour laquelle, des manœuvres régulières doivent être réalisées sous le contrôle du SSIAP 2 ou 3 afin que les agents maîtrisent les techniques de désenfumage.
 
 
LE COFFRET DE RELAYAGE

C'est un dispositif actionné de sécurité (DAS) assurant l'interface entre un TGBT ou un CMSI et un ventilateur de désenfumage (voir leçon sur les systèmes de sécurité incendie).
 
C’est « l’interrupteur » de la ligne d’alimentation électrique du ventilateur de désenfumage.
 
Le coffret de relayage gère le fonctionnement du ventilateur ainsi que les éventuels défauts pouvant empêcher la mise en sécurité (désenfumage) du ventilateur ; à ce titre il est communication permanente avec le centralisateur de mise en sécurité incendie (CMSI).
 
Les sapeurs-pompiers peuvent mettre à l'arrêt ou réarmer le ventilateur de désenfumage à l'aide d’une commande spécifique (dite « arrêt pompier ») située à proximité du CMSI.
 
Mais attention, le ventilateur est arrêté mais n’est pas en position « attente » ; pour cela, il faut le réarmer afin qu’il revienne en position « attente » et soit prêt à fonctionner de nouveau.
 
La télécommande de réarmement doit normalement se trouver dans la zone correspondant au DAS commandé.
 
 
LE CONTROLE DE POSITION DES ORGANES DE DESENFUMAGE

Le contrôle de position d'attente et de position de sécurité est obligatoire pour :
  • Les volets des conduits collectifs,
  • Les exutoires des escaliers mis en surpression mécanique,
  • Les coffrets de relayage.
 
ENTRETIEN, VERIFICATION ET CONTROLES

Tous les mécanismes de déclenchement doivent être soigneusement entretenus et maintenus en permanence en bon état de fonctionnement.
 
Compte tenu des asservissements automatiques existants dans la plupart des cas, les vérifications sont effectuées simultanément aux vérifications de la détection automatique d'incendie lorsqu'elle existe ; c'est pourquoi, l'agent de sécurité incendie est formé à analyser à partir du système de sécurité incendie tout dysfonctionnement des installations de désenfumage ou défaut de position d'un clapet ou d'un volet.
 
L'agent de sécurité incendie doit être capable d'assurer des réparations simples, telles que le réarmement d'un clapet, d'un volet ou d'un exutoire.
 
Il est important de retenir que les dispositions particulières du règlement de sécurité peuvent imposer que les dispositifs de désenfumage soient commandés par la détection automatique d'incendie dans les établissement qui sont dotés de ce type de détection.
 
Cette disposition ne s'applique pas au désenfumage des cages d'escalier dont la commande doit être uniquement manuelle (système de tirez-lâchez)
 
Par ailleurs, lors des visites effectuées par les commissions de sécurité, l'exploitant de l'ERP est tenu de prendre toute dispositions permettant le contrôle du bon fonctionnement des installations ; dans ce cas, c'est l'agent de sécurité incendie qui effectue les différentes  manœuvres demandées par la commission de sécurité.

  • Pascal dit :
    21/8/2018

    Très bien, mais manque d'illustrations..

  • Diomsy dit :
    1/7/2017

    Exposé parfaitement clair. Cependant j'aurais souhaiter voir plus schemas d'illustration.




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